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CrossFit: The Good, The Bad and The Ugly

THE GOOD

CrossFit, une méthodologie d’entraînement venue des États-Unis en 2005 à définitivement changer le monde du Fitness.

Les accomplissements positifs de cette méthodologie laisseront un héritage permanent, qui façonnera notre manière de nous entraîner pour toujours.

Son premier succès a été de re-populariser l’entraînement pluri-disciplinaire à la population globale. Là où les sessions de force et de conditionnement physique étaient réservés aux athlètes de hauts niveaux, aux militaires et aux forces de l’ordre, la démarche du CrossFit a permit de mettre à niveau ces séances pour les rendre accessible à tous, sans distinction de sexe, d’âge ou de handicap ; grâce à un concept simple : les besoins d’une personne varient en degré, mais pas en nature.

Comprenez là qu’entre une grand-mère de 80 ans et un membre des forces spéciales de 25 ans, le besoin de pouvoir se pencher pour récupérer un objet existe dans les cas. La différence étant le degré d’intensité et de capacité nécessaire pour les 2 individus.

Le corps d’un banquier a autant besoin de savoir courir, sauter, grimper et porter des charges qu’un pompier, bien que le niveau d’exigence pour chaque capacité ne soit pas le même.

Avec le recul de 19 ans d’existence et l’apport précieux du regard de nombreux spécialistes, on peut désormais raisonnablement débattre de la qualité structurelle et de certains concepts de la méthode. Néanmoins, CrossFit a le mérite d’avoir proposé pour la première fois à grande échelle un modèle organisant les diverses disciplines nécessaires pour effectuer un programme complet. De cette proposition initiale, il était donc plus simple d’en améliorer la formule.

La volonté d’ouverture à toute la population a été particulièrement positive pour les femmes, qui souffraient jusqu’alors des stéréotypes entourant l’entraînement de force et plu généralement la haute intensité.

Cela leur a permis d’oser s’essayer à des types de sport autre fois à vaste majorité masculine (powerlifting, haltérophilie, strongman).

Cette nouvelle pratique apporte un très grand nombre de bénéfice pour la santé des femmes.

En effet, il s’agit d’une portion de la population qui est génétiquement plus exposés aux problèmes étroitement liés à un manque de force et de masse musculaire. Que ce soient les troubles de l’anxiété, l’ostéoporose, l’endométriose, le surpoids, les maladies péri-partum, ils trouvent un élément de réponse plus ou important grâce à ce genre d’entraînement.

Enfin, les athlètes de hauts niveaux de cette discipline ont permis de faire évoluer les mentalités et les croyances entourant les limites de la performance humaine.

Avant la popularisation du CrossFit et de ses compétitions et malgré des millénaires de preuves contraires dans l’Histoire et la biologie évolutive, il était communément admis que pour atteindre un bon niveau sur une capacité physique, il fallait s’y concentrer pleinement et mettre de côté les autres.

Les accomplissements simultanés en termes de force, d’endurance, d’agilité et d’adaptabilité des meilleurs athlètes mondiaux ont rappelé au monde que les humains sont fait pour être doué face à une grande variété de challenge pour maximiser nos chances de survie. Nous ne sommes pas aussi faibles que nous l’imaginions et il est possible d’être très performant sur plusieurs niveaux à la fois.

THE BAD

Mais malgré ces accomplissements remarquables, CrossFit a également connu plusieurs échecs notables.

Le principal échec aura été l’incompréhension même de leurs propres principes, qui a conduit à des mauvais choix d’outils pour les appliquer, et au fil des années, une méthode qui devient presque une caricature de ce qu’elle voulait éviter de devenir à l’origine.

Lorsqu’il s’agit de développer la force, la puissance et la vitesse d’une population globale non-entraînées, il faut impérativement utiliser des outils qui soient simples à maîtriser techniquement pour que l’éducation et les résultats soient optimaux.

C’est pour cela que le choix de l’haltérophilie olympique était sans doute l’option la plus absurde possible.

Il n’y a aucun sport de force plus technique et difficile à apprendre. Les divers gains athlétiques phénoménaux des pratiquants olympiques le sont justement car il s’agit d’une portion infime de la population trié sur le volet, qui a passé sa vie à parfaire la maîtrise technique de mouvements et d’un outil qui n’est pas naturellement adapté à la réalité de notre corps.

Avoir choisi cette discipline comme fer de lance de la force de la méthodologie relève une profonde incapacité à voir plus loin que l’apparence et à comprendre les outils et la population avec lesquels on travaille.

Un autre exemple parlant du manque de discernement entre théorie et pratique et la promotion du kipping en gymnastique.

En se basant sur une équation mathématique pour calculer la quantité de travail (plus de travail en moins de temps = plus de puissance générée = plus de résultats) ; ils ont également oublié de prendre en compte la réalité.

Pour que cette technique soit efficace, cela nécessite des capacités physiques et une maîtrise que n’ont pas les personnes à qui ces méthodes sont enseignés.

Ces erreurs d’enseignements et de méthodologie sont dues à une mauvaise compréhension de la nature du mouvement, et notamment de ce qu’est la mobilité.

La méthode ayant voulu pouvoir tout quantifier pour mieux améliorer, va venir chercher à imposer des standards et des mouvements sans tenir compte du contexte.

Il faut « valider » les répétitions du mouvement, et peu importe si les muscles qui seront utilisés pour ça sont les bons ou de comment le corps peut bouger ce jour-là.

À trop vouloir pousser les gens à atteindre une forme de mouvement standardisé, ces mêmes personnes finiront par trouver un moyen d’y arriver, au détriment de la qualité du recrutement musculaire et de l’impact à court, moyen et long terme sur leur corps.

Le corps est une machine qui s’adapte, s’il doit effectuer un mouvement pour lequel ses muscles ne sont pas suffisamment développés, il en utilisera d’autres dont ce n’est pas la fonction première. Tôt ou tard, ces muscles de substitution ne peuvent plus compenser le travail des muscles moteurs d’un mouvement et finissent par lâcher. Cette priorisation de la position au détriment de la tension est à l’origine de quasiment toutes les blessures dans ce sport. La quantité de mouvement effectué prime sur leur qualité et leur raison d’être.

Cette approche néfaste est la conséquence logique d’une méthode qui cherche à enseigner des mouvements très complexes, à un grand nombre de gens, dans une fenêtre de temps très réduite. Dans ces conditions, le seul moyen pour un coach de suivre et corriger les gens « efficacement » est de tous leur imposer le même standard sportif et la même idée de ce à quoi doit ressembler X ou Y exercice. Il s’agit alors plus d’une surveillance de groupe que d’un enseignement.

L’entraînement physique est par nature une affaire individuelle. Aucun coach ne peut prendre en compte l’état de fatigue, la mobilité actuelle, l’état et les besoins psychologiques, et ajuster l’entraînement du jour pour une dizaine voir une vingtaine de personnes, proposer une variante unique de la séance à chacune d’entre elle, et ceux en 1 h. Le taux d’apprentissage dans ces conditions est proche de 0.

Ce modèle de classe pourrait néanmoins fonctionner si les mouvements enseignés y étaient beaucoup plus simples.

Les gens cherchent dans la salle de sport et le coach un moyen de déléguer la responsabilité de leur santé. Alors que le rôle de ces structures doit être de rééduquer les gens à connaître leur corps, à en comprendre les messages et les amener vers une certaine autonomie vis à vis de leur entraînement.

Pour finir, si tous ces problèmes persistent depuis très longtemps, ils ne sont pas pour autant inconnus. Ces erreurs ont vu naître et évoluer d’autres méthodes qui ont prit en compte les enseignements empiriques des réussites et des échecs de CrossFit.

Malheureusement, la maison mère a dépensé ses ressources ailleurs. Là où il aurait été pratique d’incorporer de nouveaux outils, d’en changer d’autres et de manière générale chercher à améliorer leur art, il a été décidé non sans une forme d’arrogance que la méthode était naturellement parfaite et que ses détracteurs n’avaient aucun argument acceptable. Ils sont donc graduellement devenus une caricature d’eux-mêmes, trop attachés aux traditions de leur méthode sans jamais remettre en cause son efficacité ; là où l’ambition originale était de proposer une méthode qui évoluerait au fil des succès et des échecs pour obtenir le meilleur résultat possible.

Au lieu de ça, l’attention et les ressources humaines se sont focalisés sur le drama, le storytelling, la politique et d’autres sujets sans aucun rapport avec la santé et le sport.

THE UGLY

Mais ces échecs restent dans le domaine sportif. Malheureusement, le maison CrossFit a été le théâtre de diverses controverses.

Lorsque vous construisez une méthode d’entraînement autour d’un aspect communautaire fort en se basant sur la promesse que cette méthode est parfaite en tout point, l’ensemble peut vite se transformer en un culte.

Cette mentalité imperméable aux influences extérieures, alors même que l’inclusion était censé être un des principes fondateurs, a été à l’origine d’un sentiment antipathique à double sens entre les pratiquants de CrossFit et les autres acteurs du monde du fitness pendant de nombreuses années. Aujourd’hui encore, c’est une communauté qui est à l’écart des autres et qui ne déploie pas beaucoup d’effort pour casser les clichés et rétablir des relations saines entre les disciplines, chose qui bénéficierait à tous les partis.

Même de manière interne, ce modèle communautaire possède une face cachée ignorée de beaucoup, mais bien trop familière à ceux qui y ont travaillé.

L’effet de groupe apporte avec lui un grand lot de bénéfice à l’entraînement. Nous sommes des animaux grégaires après tout, l’effet de nos actions est multiplié par la présence des gens qui nous entourent.

Toutes choses a cependant un prix et beaucoup de salle sont vite devenues l’épicentre des dramas sociaux de toute la population qui les fréquentent.

Affaires de cœur, tricheries ou ragots en tout genre prennent parfois plus de place que le fitness aux yeux des adhérents.

Tout ceci est exacerbé par l’influence néfaste qu’ont eu les CrossFit Games sur la méthode d’entraînement CrossFit.

Pour des raisons économiques, l’aspect sportif de cette méthode est rapidement devenu l’argument de vente n°1. Des physiques et des performances impressionnants, des épreuves hors du commun et la promesse que n’importe qui se dédiant suffisamment sérieusement à l’entraînement puisse un jour prétendre à atteindre le statut de ces demi-dieux.

Il n’en fallait pas plus pour que très vite, dans la quasi-totalité des salles de CrossFit ce qui était à l’origine une façon de voir l’entraînement adaptable à tous, devienne un sport à part entière, avec ses règles et ses standards à suivre. La performance a éclipsé le bien-être dans les objectifs, le reléguant à une considération tertiaire au mieux. Ce mensonge a poussé des gens normaux à s’entraîner comme des athlètes professionnels.

Cette pratique n’est malheureusement pas adaptable à des personnes dont ce n’est pas le métier et de très nombreuses personnes en font les frais. Troubles de l’alimentation et du comportement, addiction à l’activité sportive, dopage ; les dérives sont nombreuses et communes.

Certaines salles passent évidemment entre les mailles du filet, mais il peut parfois être compliqué d’en trouver une où vous pourrez vous concentrer sur votre entraînement et ce que vous avez besoin qu’il vous apporte, plutôt que devoir comparer vos scores avec les autres membres et d’être en compétition constante avec tout le monde sauf vous-même.

Il est d’ailleurs triste de constater que le sport qui est l’origine de tant de problèmes, n’est que l’ombre de ce qu’il aurait pu être.

L’ambition initiale, était de déterminer qui est le meilleur athlète de la planète en proposant un test de fitness complet et imprévisible pour ne mettre en lumière que les capacités physiques et non la connaissance et la stratégie propre à une épreuve codifié connue à l’avance. C’était d’ailleurs expliqué dans le livre fondateur : ne pas être une autre version du Décathlon.

Malgré quelques rares fulgurances, c’est un échec quasi-total.

N’importe quel coach et athlète de bon niveau peut prédire avec une grande exactitude, le contenu ou au moins la nature et le format d’environ 10 ou 12 épreuves des 14 qui composent d’habitude la compétition.

L’aspect imprévisible a été réduit à quelques variables sans grandes conséquences, si bien que les athlètes peuvent planifier leur année pour être au sommet de leur forme à une semaine précise, sur des épreuves qui ne surprennent plus depuis longtemps.

L’aspect économique a forcé la programmation à être toujours plus impressionnante, technique et complexe pour la télévision, au détriment de la qualité et de la pertinence des mouvements lorsqu’il s’agit d’évaluer le fitness. Encore une fois, l’aspect quasi-sectaire a voué un culte de la personnalité envers les gens en charge de la compétition, empêchant la moindre remise en question sur la direction prise par la nature et le contenu du test.

Mais les maux ne s’arrêtent pas qu’au cœur de la discipline.

Rich Froning avec des raches et des ampoules après avoir nagé dans le lac Monona durant les CrossFit Games 2019. Crédit Photo: CrossFit Mayhem

L’organisation de la compétition ces dernières années a été au mieux d’un amateurisme exceptionnel, au pire d’une négligence non dissimulée.

Lorsque vous prétendez déterminer qui est le meilleur à X tâche, la pertinence de votre résultat est proportionnel à celle du groupe de personnes qui doivent s’affronter pour ce titre. Sur cet aspect-là, les organisateurs n’ont pas cherché à nier que seul leur importait le top 5 pour juger de la pertinence, à l’encontre de toute logique.

Vous ne pouvez pas être le meilleur si vous n’affrontez pas les meilleurs.

Bien peu d’effort sont déployés pour s’assurer que c’est le cas et le règlement hallucinant n’a pas aidé la démarche. Lorsque tous les participants d’une étude n’effectuent pas le protocole jusqu’au bout, les résultats sont irrecevables. C’est du bon sens. Pourtant, chaque année, les Games continuent à imposer des cuts, c’est-à-dire que selon leur classement, certains athlètes ne vont pas au bout du test. Sans leur présence, la pertinence des victoires et défaites des athlètes encore en lisse s’en retrouve grandement diminuer, et l’impact sur le classement est drastique.

Sur certaines années, si vous effectuiez le cut après le même nombre d’épreuves, mais en inversant l’ordre (l’épreuve finale devenant celle d’ouverture et inversement), vous obteniez un classement différent.

Au-delà de cette structure discutable, l’exécution n’est pas exempte de tout reproche.

Les personnes qui effectuent le test, doivent être sûres d’effectuer le même test, ce qui n’est pas chose aisée avec un corps arbitral composé d’amateurs et de bénévoles non-rémunérés, qui n’est que très rarement apte à assumer cette lourde et complexe responsabilité.

Pour conclure, l’absence de réponse, pire, la négation des différents problèmes de la part des instances dirigeantes n’envoie pas des signaux optimistes quant à l’avenir du sport et de sa professionnalisation.

THE HOPEFUL ?

Quel avenir pour le CrossFit alors ?

À l’heure actuelle, la maison mère semble diriger ces efforts vers une dégradation continu de la méthodologie. Les dirigeants sont des personnes issu d’école de commerce n’ayant pas la moindre connaissance sportive, qui ne voit en CrossFit qu’une marque commerciale. Dans cet démarche ils délèguent le cœur du sujet à des personnalités connus et donc rentable, mais dont les idées restent religieusement inamovibles et hermétiques à l’évolution. La première étape pour régler un problème est de reconnaître en avoir un.

Et malgré tout ces problèmes, la situation du fitness fonctionnel n’est pas sans avenir, bien au contraire. Car sous son toit, CrossFit aura vu naître des centaines de coach brillants et ambitieux capable de voir au-delà de leur attachement émotionnel à la méthodologie. Cette compréhension du Fitness est une lueur d’espoir pour son progrès.

Car désormais la pratique existe sur le marché et ne peux plus disparaître. Elle peut évoluer, se diversifier ou donner naissance à d’autres disciplines, en dehors des contraintes dogmatiques dépassées. Libéré des différentes entraves qui l’empêche de progresser au sein de CrossFit, cette manière de s’entraîner peut finalement progresser librement grâce à la participation quotidienne de centaines de milliers de pratiquants et coachs aux idées diverses à travers le monde.

Les leçons des réussites et des échecs de cette première organisation du Fitness Général pour tous, ont été apprises par d’autres acteurs qui reprendront le flambeau et proposeront des choses différentes.

Le changement des mentalités à lui aussi prit sa place dans la conscience populaire. Il n’est désormais plus rare de voir des femmes de tout âge s’entraîner et participer à des sports de force. Le plus grand succès de cette ouverture étant les bénéfices médicaux que vont pouvoir en tirer 50% de la population.

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

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